Tri mécanisé des lettres, motorisation accrue, nouvelles machines de traitement du courrier, toutes ces mesures vont modifier en profondeur les tâches des
travailleuses et travailleurs des postes. « Le STTP doit demeurer vigilant et veiller à ce que ces changements majeurs ne se répercutent pas de manière négative sur les travailleuses et
travailleurs des postes. »
Voilà le message qu’a livré Pam Donato, présidente de la section locale de Minneapolis de la National Association of Letter Carriers (NALC – syndicat des
factrices et facteurs des États-Unis) à la réunion d’information organisée par la section locale de Winnipeg du STTP pour discuter des répercussions possibles du programme de modernisation de
Postes Canada.
Pertes d’emplois et accidents du travail
La consœur Donato était factrice à Minneapolis lorsque, dans les années 1990, le service postal américain (USPS) a mis en place le tri séquentiel selon le
point de livraison. Au début, le taux de succès des machines était très faible : elles arrivaient à peine à trier 30 % des lettres en fonction du trajet de livraison.
Les factrices et facteurs étaient alors autorisés à trier de nouveau le courrier. La plupart d’entre eux croyaient que les machines ne parviendraient
jamais à trier le courrier en fonction du trajet de livraison.
Mais, en quelques années seulement, le taux de succès des machines a dépassé les 90 %, et les factrices et facteurs n’ont plus eu le droit de trier
le courrier passé dans les machines. Il ne leur restait plus que les objets plats et le 10 % de lettres rejetées à trier à la main. Aujourd’hui, ils n’ont qu’à prendre leurs corbeilles de
courrier trié et à les charger directement dans leur véhicule.
La factrice ou le facteur moyen a perdu entre une et deux heures de temps de tri, tandis que son itinéraire a été prolongé d’une heure.
À Minneapolis, ce sont plus de 200 emplois de factrices et facteurs qui ont été éliminés. Le taux d’accident du travail a augmenté, conséquence directe
des difficultés liées à la manutention d’un sac de courrier de plus.
Manque de personnel
La direction du service postal américain n’a pas tardé à éliminer du temps de tri, mais elle a refusé de reconnaître le temps de plus requis par les
factrices et facteurs pour livrer les lettres triées à la machine et traiter de nouveau les lettres mal triées une fois de retour au bureau à la fin de la journée. Pendant que la direction
élimine des emplois, les factrices et facteurs restants s’aperçoivent qu’ils ne parviennent pas à terminer leur itinéraire à l’intérieur de huit heures.
Résultat : les factrices et facteurs doivent travailler continuellement des heures supplémentaires. Selon Pam Donato, il n’est pas rare à Minneapolis
que les factrices et facteurs travaillent de 50 à 60 heures par semaine. Selon la convention collective de la NALC, les factrices et facteurs ne peuvent pas travailler plus de 60 heures
par semaine. La section locale a réussi à convaincre la direction de former un comité syndical-patronal local qui examinera le temps additionnel requis au bureau à la fin de la journée et le
temps additionnel requis pour livrer le courrier en raison du tri séquentiel mécanisé.
Surveillance continue de Big Brother
Ayant mis en place un système qui favorise la surcharge et les heures supplémentaires, la direction du service postal américain ne ménage aucun effort
pour surveiller les habitudes de travail des factrices et facteurs et imposer des mesures disciplinaires à ceux et celles qui n’arrivent pas à répondre aux normes de rendement.
Sur chaque itinéraire, la direction a installé entre 7 et 13 codes à barres à l’intérieur du couvercle des boîtes aux lettres résidentielles. Les
factrices et facteurs sont tenus de faire la lecture de ces codes à barres pour que la direction puisse savoir à quelle heure ils ont livré le courrier à cet endroit. De plus, les lecteurs
optiques remis aux factrices et facteurs sont munis d’un appareil de localisation (GPS). La direction a donc la possibilité de les suivre en tout temps durant leur quart de travail, bien
qu’elle ne se soit pas encore prévalue de cette option.
STTP : de nombreux points à prendre en considération
La présentation de la consœur Donato a fait ressortir la nécessité pour le STTP de s’intéresser à tous les aspects du programme d’automatisation de Postes
Canada. Nous devons nous assurer de la tenue d’études en santé et sécurité avant que le matériel ne soit acheté et les méthodes de travail, modifiées. Nous devons être pleinement informés le
plus tôt possible de toutes les changements qui auront un impact sur les membres du STTP.
En plus d’éliminer tous les effets néfastes de ces changements, nous devons voir à ce que les travailleurs et travailleuses des postes et la population
bénéficient des avantages qu’apporteront ces nouveaux investissements.
Des réponses à un certain nombre de questions
Tel que nous l’avions déjà indiqué, le STTP a remis à la direction de Postes Canada une liste de 76 questions portant sur le programme de
modernisation. Nous avons obtenu un certain nombre de réponses, mais Postes Canada soutient qu’elle ne connaît pas encore la réponse à la plupart de nos questions. Toutefois, la direction nous
a informé qu’elle ne prévoyait pas installer de nouveau matériel dans les établissements de Kitchener, de Thunder Bay et de Barrie; qu’elle prévoyait acheter 4 500 autres véhicules et
qu’elle avait examiné les modèles de poste moderne mis en place aux États-Unis, en Norvège, au Danemark, en France et en Autriche.
Renseignements sur l’établissement de Winnipeg
Nous espérons pouvoir bientôt fournir plus de renseignements sur les plans de la direction concernant le nouvel établissement de traitement du courrier de
Winnipeg.
Commentaires