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Bonjour,

Il nous fait plaisir de vous communiquer nos connaissances ainsi que des informations générales concernant la livraison du courrier en milieu rural. Nous allons fournir dans ce site web toute l'information que nous recevront de notre syndicat ainsi que plusieurs documents qui proviennent de Postes Canada. Si vous avez des questions ou des commentaires, vous pourrez toujours nous les souligner par le biais de la section des commentaires et nous tenterons de vous répondre dans un délai raisonnable. Nous vous suggérons de vous inscrire dans la section des newsletter, ce qui vous permettra de recevoir automatiquement tout nouvelle article publié. Nous espèrons pouvoir ainsi vous aider en tant que fatrices et facteurs ruraux à une meilleure compréhension et une meilleure qualité de vie au niveau de votre travail.

 

 

Fermeture de centre


Jeudi 29 mars 2007
La lutte attendue pour privatiser ou déréglementer Postes Canada, ou changer son mandat, est sur le point de commencer.  
En effet, depuis l’élection des conservateurs, les concurrents de Postes Canada et les forces de la droite poursuivent leur rêve de démanteler le service postal public. Les entreprises de repostage exercent des pressions sur les députées et députés fédéraux de tous les partis, et le gouvernement fédéral semble maintenant envisager un réduction du privilège exclusif de Postes Canada pour calmer leurs inquiétudes. De plus, l’Institut C.D. Howe, un groupe de réflexion, préconise une « révision » du rôle et du mandat de Postes Canada, y compris sa privatisation et sa déréglementation graduelle.
Les concurrents privés de Postes Canada s’adressent aux députées et députés fédéraux de tous les partis et, par conséquent, nous devons, nous aussi, nous adresser aux députées et députés fédéraux.
Nous devons leur demander qu’ils nous fassent part de leur position sur la privatisation et la déréglementation du service postal public. Et nous devons le faire le plus vite possible, car des élections pourraient être déclenchées à tout moment.
Appelez votre députée ou député fédéral. Pour savoir comment trouver ses coordonnées et ce que vous devriez lui dire, procurez-vous une brochure auprès de votre section locale ou sur le site Internet du Syndicat au www.servicepostalpublic.ca et cliquez sur « Appel à l’action ».
Quand les appeler? Les députées et députés fédéraux seront dans leur circonscription du 2 au 13 avril prochain. Ce sera le moment idéal pour les appeler, et ce, en tout temps. 
Pourquoi les appeler? Parce qu’un service postal déréglementé ou relevant du secteur privé envisagerait, presque à coup sûr, la mise en place de mesures pour diminuer les coûts, par exemple supprimer des emplois, diminuer les salaires et fermer des bureaux de poste, et, ainsi, faire augmenter les profits.
Si Postes Canada était déréglementée, les entreprises privées auraient le droit de lui faire concurrence pour obtenir une part du lucratif marché de la poste-lettres, mais elles ne seraient pas nécessairement tenues de fournir un service universel, comme l’est actuellement notre service postal public. La déréglementation menacerait les revenus, les services et les emplois à Postes Canada, et, en fin de compte, sa capacité à fournir un service universel à tarifs uniformes.
Si Postes Canada était privatisée, elle n’aurait pas à tenir compte des intérêts de la population. Le principal objectif d’un service postal privé consiste à réaliser des profits, et non pas à fournir des emplois et des services comme le fait un service postal public.
N’oubliez pas d’informer les membres du comité exécutif de votre section locale de ce que votre députée ou député fédéral a à dire. Nous avons demandé aux sections locales d’appeler, elles aussi, les députées et députés fédéraux. Cependant, pour que ces derniers comprennent bien qu’une véritable menace plane sur notre service postal public, ils doivent être interpellés par plus d’une personne.
Ce que vous faites ou ne faites pas aujourd’hui pourrait avoir de profondes répercussions sur votre emploi et sur l’avenir du service postal public.
Appelez dès aujourd’hui votre députée ou député fédéral!
Je vous remercie de votre attention.
Solidarité,

Deborah Bourque
Présidente nationale
Par Lucie & Yannick
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Jeudi 1 mars 2007
Depuis que le Parti conservateur a pris le pouvoir l’an dernier, les forces de droite poursuivent leur rêve de démanteler le service postal. La toute dernière attaque est venue de l’Institut C. D. Howe, centre de recherches conservateur, qui a rendu publique son étude intitulée Rerouting the Mail: Why Canada Post is Due for Reform (Réacheminer le courrier : pourquoi une réforme s’impose à Postes Canada). Comme il fallait s’y attendre, l’étude prône la privatisation et la déréglementation graduelle de Postes Canada. L’Institut C. D. Howe est bien connu pour ses recherches et analyses favorables à l’économie de marché. Par exemple, celles en faveur du libre-échange, des baisses d’impôt, de la réduction du déficit à tout prix et de la privatisation du système de santé public. Le groupe de recherches est largement financé par ses membres, la plupart de grandes entreprises, dont Bombardier, Bell Canada, IBM, la Banque canadienne impériale de commerce, la Deutsche Bank. Postes Canada est aussi un de ses membres.
 
Les points saillants de l’étude :
Voici les grandes lignes de l’étude qui plaide en faveur d’une réforme à Postes Canada : [traduction]
  • « Le service postal canadien devrait être privatisé et déréglementé. » (page 19)

  • « la réforme pourrait menacer le service universel. » (page 19)

  • « nous recommandons l’abolition des restrictions imposées à Postes Canada, comme le moratoire sur la fermeture des bureaux de poste non rentables ou les obstacles à la sous-traitance de certains itinéraires ou de certaines tâches. » (page 21)

  • « Dans l’ensemble, en Europe, depuis la libéralisation, les tarifs de la poste-lettres et des colis ont augmenté dans la majorité des États-membres. » (page 16)

    « Dans tous les pays où la réforme a été mise en place, l’emploi dans le secteur postal a chuté parce que les opérateurs postaux ont cherché à rationaliser et à réduire leurs coûts. » (page 17)

  • « Il se pourrait fort bien que les pressions de la concurrence obligent Postes Canada à réduire ses effectifs ou se répercutent sur les salaires. » (page 21)

  • « Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes est encore aujourd’hui un syndicat dominant. Quand vient le temps d’améliorer l’efficience et la productivité, sa force constitue une entrave. » (page 4)
L’étude propose aussi des moyens de faire face aux travailleurs et travailleuses des postes.
  • La théorie est claire : la privatisation est avantageuse sur le plan de la propriété, tandis que la déréglementation et la libéralisation sont avantageuses sur le plan de la concurrence. » (page 19)
 
Est-ce que Postes Canada est en danger?
À en croire l’étude de l’Institut C. D. Howe, Postes Canada est à bout de souffle et une réforme radicale s’impose. Selon le résumé du rapport, le monopole d’État assorti d’une obligation de service universel est un modèle « [trad.] anachronique et incapable de répondre aux changements mondiaux qui transforment le secteur postal » (p. ex., courrier électronique, concurrence accrue, évolution des systèmes informatiques). On ajoute ce qui suit : « [trad.] Refuser de repenser le rôle et le mandat de Postes Canada, compte tenu de l’imposante transformation technologique du secteur des communications, revient à consentir à une catastrophe au ralenti. » (page 11)
Depuis des années, on prédit des changements dans le secteur des communications qui porteront un coup fatal au service postal. Dans les faits, les besoins en communications sont difficilement prévisibles. Nombreux sont ceux qui croyaient que le télécopieur allait éliminer la correspondance entre les entreprises. Il est vrai que le courrier électronique et Internet représentent une menace pour les volumes de courrier, mais le magasinage en ligne ouvre aussi de nouvelles possibilités dans le domaine de la livraison des colis et de la médiaposte avec adresse. Est-ce que la messagerie textuelle remplacera les courriels et Internet? Est-ce qu’une série de dangereux virus informatiques compromettra le paiement des factures en ligne? Que nous réserve l’avenir? Personne ne peut le dire.
Ce que nous savons toutefois, c’est que Postes Canada se porte bien, très bien même. Elle déclare des profits depuis onze années successives. Le tarif postal de base compte parmi les moins élevés des pays du G-8. Le service ne cesse de s’améliorer et se classe parmi les meilleurs au monde, grâce au travail ardu des 54 000 travailleuses et travailleurs des postes. Les relations syndicales-patronales sont parfois houleuses, mais le climat de travail est relativement paisible depuis près de dix années.
 
Les volumes
L’étude indique que « [trad.] les volumes de courrier sont en baisse » (page 3 ). Ce n’est pas vrai. Les volumes de la poste-lettres ont légèrement augmenté.
 
La privatisation et la déréglementation
« [trad.] En ce moment, la loi accorde à Postes Canada un monopole sur certains types de lettres[…] Le fait d’abolir cette protection contre la concurrence permettra éventuellement de contenir les coûts,
d’améliorer la qualité du service et d’innover. » (page 19)
« En étant privatisée, Postes Canada serait détenue par des actionnaires qui seraient davantage intéressés par son rendement et davantage en mesure de participer à sa gestion que les contribuables à qui Postes Canada appartient en ce moment. » (page 19)
Cette affirmation laisse entendre que les contribuables s’intéressent peu au rendement de Postes Canada. Les milliers de contribuables des régions rurales, qui avaient l’habitude de recevoir leur courrier dans une boîte aux lettres située en bordure de la route et qui doivent maintenant se rendre à des boîtes postales communautaires pour prendre leur courrier, ne partagent certainement pas cet avis.
Bien entendu, l’Institut C. D. Howe se soucie peu de savoir si les actionnaires de Postes Canada s’intéressent ou non à la Société. Ce qu’il veut par dessous tout, c’est que les actionnaires de Postes Canada soient des investisseurs du secteur privé, et non la population comme c’est le cas en ce moment. Tout n’est qu’une question d’objectifs globaux et de déterminer qui bénéficie du service postal.
Le but premier d’un service postal public est d’offrir des services, et non de réaliser des profits. La population bénéficie du service public. Les collectivités et les petites entreprises profitent également d’un accès à une infrastructure stable. Le but premier d’un service postal privatisé consiste à réaliser des profits, donc à mettre l’accent sur les gros clients, plutôt que sur le public. Ce sont les grandes entreprises qui en bénéficient et non les petites.
La lecture de l’étude de l’Institut devrait nous inciter à nous poser la question suivante : pourquoi ceux et celles qui ont bâti le service postal public et qui l’ont payé – la population – seraient-ils intéressés à le privatiser s’ils ne bénéficient pas de cette mesure?
 
Obligation de fournir un service universel
« À notre avis, abolir la politique de service universel serait un pas en avant, que le service universel ait ou non des mérites sur le plan social. À l’heure actuelle, tout montant servant à financer le service universel est dissimulé dans les comptes généraux de Postes Canada. Il faudrait adopter un système transparent de subventions explicites destinées à promouvoir l’universalité. Une telle mesure favoriserait la tenue d’un débat sur la portée de l’obligation. Devrait-elle même exister? Le client doit-il s’attendre à un service identique selon qu’il envoie du courrier dans une région éloignée ou peu peuplée que dans une métropole? Le fait de créer des subventions explicites pour le service universel permettrait de révéler les coûts d’un tel service et éclairerait le débat sur l’adoption d’une formule optimale. » (page 19)
Il est fort peu probable que le gouvernement ou n’importe qui d’autre accepte de subventionner un service dans les régions rurales et éloignées, compte tenu de la taille du Canada.
Par ailleurs, pourquoi est-ce que le public ou le gouvernement voudrait changer quoi que ce soit pour subventionner une institution publique qui a versé près d’un demi-milliard de dollars dans les coffres de l’État au cours des dix dernières années?
 
Les travailleuses et travailleurs des postes
« Le syndicat des postes canadien a indiqué son opposition à la privatisation ou à la déréglementation […] Nous pourrions poursuivre les efforts en vue d’éliminer les obstacles à la concurrence au nom du principe, sans égard aux intérêts personnels des travailleuses et travailleurs des postes. Mais une telle démarche pose problème. Les travailleurs et travailleuses des postes forment un groupe d’intérêt potentiellement puissant qui pourrait entraver la réforme. À notre avis, la démarche la plus avisée sur le plan politique est celle du compromis […] Une démarche pragmatique consisterait à indemniser les travailleuses et travailleurs des postes actuels pour toute perte de bien-être découlant de la réforme, mais à ne pas tenir compte des pertes futures subies par les travailleuses et travailleurs éventuels. Il faudrait ici faire une offre généreuse aux travailleuses et travailleurs qui perdraient leur emploi, ou encore, et c’est probablement l’option la plus pratique, s’en remettre à l’attrition pour réduire la taille de la main-d’œuvre et les salaires réels […]. Si les travailleuses et travailleurs des postes actuels ne sont pas touchés par la réforme, ils sont moins susceptibles de s’y opposer. Une telle mesure pourrait se traduire par de l’inefficience à court terme, mais il est préférable d’absorber ces coûts que de rater complètement la réforme. » (page 21)
Il va de soi que les partisans de la privatisation et de la déréglementation se sont concertés pour promouvoir leurs objectifs, dont celui de s’occuper des travailleuses et travailleurs des postes qui, poussés par « leurs propres intérêts », pourraient s’opposer à la réforme. Vous pouvez commencer dès maintenant à vous préparer à dénoncer ces objectifs contraires à l’intérêt public, contraires aux préoccupations des travailleuses et travailleurs des postes en lisant le document du STTP intitulé Conséquence de la déréglementation de la poste sur les travailleuses et travailleurs et réaction d’un syndicat des postes. Ce rapport, présenté à Genève, à la conférence Rutger de 2005 sur l’économie de la poste et de la livraison, donne dix raisons majeures de s’opposer à la déréglementation des services postaux. Vous pouvez obtenir un exemplaire du rapport et du document intitulé Notre vision du service postal auprès de votre section locale ou sur le site Web du Syndicat au www.cupw-sttp.org
 
La vision de l’Institut : rien de très réjouissant
La vision du service postal défendue par l’Institut C. D. Howe laisse beaucoup à désirer. Dans son monde postal où les loups se mangent entre eux, la concurrence est maître et les grandes entreprises engrangent les bénéfices. La population, pour sa part, doit se contenter d’acheter des timbres à prix fort et de dire adieu à un service postal public universel. Heureusement, cette vision est loin d’être réalité.
Les prochaines élections nous donneront la chance de demander aux députées et députés s’ils appuient le maintien du service postal public ou la vente ou la déréglementation du service postal. La période qui suivra les élections sera, elle aussi, cruciale. Demeurez au courant.
Solidarité,

Deborah Bourque
Présidente nationale
Par Lucie & Yannick
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Vendredi 23 février 2007
Document préparé pour la 14e conférence sur l’économie de la poste et de la livraison qui s’est déroulée à Berne, en Suisse, du 31 mai au 3 juin 2006.
Par Geoff Bickerton*
Remerciements
L’auteur remercie Katherine Steinhoff, Deborah Bourque et Dani Nadeau pour leur analyse perspicace, leurs commentaires utiles, leurs conseils de rédaction et leur solidarité.
Introduction
            « [traduction] Les discussions politiques et théoriques tenues jusqu’à maintenant sur les répercussions de la libéralisation ou de la privatisation des services publics ont surtout porté sur la qualité et l’accessibilité des services offerts aux divers groupes de citoyens et citoyennes. On a très peu prêté attention aux répercussions sur l’emploi ».*
Les débats publics entourant la déréglementation de la poste portent habituellement sur les conséquences que l’ouverture des marchés à la concurrence pourrait avoir sur l’efficacité, les tarifs et la qualité des services offerts aux entreprises et aux particuliers. Il est rare qu’on se préoccupe des millions de travailleurs et travailleuses qui, tous les jours partout dans le monde, traitent et livrent le courrier. Face à la libéralisation accrue des marchés, en Europe et ailleurs, les syndicats des postes élaborent leurs politiques et se joignent au débat public. Pour les travailleuses et travailleurs des postes et les syndicats qui les représentent, les enjeux sont considérables et l’avenir est incertain.
La déréglementation de la poste représente un défi de taille pour les syndicats du secteur postal. Bon nombre d’entre eux ont vu le jour à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. Contrairement à leurs homologues du secteur privé, les syndicats des postes étaient dans une large mesure à l’abri des conséquences des fluctuations économiques. Ils n’avaient pas à se soucier de syndiquer d’autres travailleurs et travailleuses. La croissance des administrations postales, l’expansion des services postaux et les volumes accrus de courrier leur assurait un nombre toujours plus grand de membres.
Cette croissance de l’effectif syndical ne s’est toutefois pas traduite par de meilleurs salaires et conditions de travail. Bien qu’ils représentaient principalement des cols bleus, les syndicats des postes étaient souvent entravés dans leurs actions par des lois du travail restrictives et des politiques gouvernementales de gestion du personnel conçues pour répondre aux besoins des fonctionnaires plutôt qu’à ceux des travailleuses et travailleurs industriels. De même, les administrations postales étaient souvent aux prises avec une insuffisance de fonds et des tarifs postaux maintenus à de bas niveaux pour satisfaire les intérêts politiques des gouvernements.
La stabilité relative des relations du travail dans le secteur postal a pris fin au cours des années 1960 et 1970. L’augmentation des volumes de courrier, la baisse du salaire réel et l’introduction de nouvelles méthodes de travail et de technologies nouvelles ont toutes contribué à l’éclatement de conflits de travail dans de nombreux pays, y compris les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Irlande et le Canada. La période chaotique des grèves et des conflits du travail a transformé les syndicats tant sur les plans organisationnel qu’idéologique. Toutefois, la situation ne les a pas incités à recruter des travailleurs et travailleuses auprès d’autres employeurs. Pour la plupart des syndicats des postes, le service postal demeurait une industrie distincte. Le monopole législatif sur les lettres, jumelé à l’obligation d’assurer un service universel, leur assurait une protection et favorisait leur croissance, et ce, même en période de productivité accrue. Au lieu de syndiquer les travailleuses et travailleurs des entreprises de livraison des colis en pleine expansion et de l’industrie émergente des communications, la plupart des syndicats des postes se sont contentés de demeurer des « syndicats de service » répondant aux besoins directs de leurs membres actuels, les travailleuses et travailleurs des postes. En l’absence d’une concurrence directe pour leur produit le plus important, la poste-lettres, la plupart des syndicats des postes n’ont pas consacré de ressources importantes à la syndicalisation de nouveaux membres. Ce sont donc les syndicats du secteur des transports qui ont entrepris la tâche de syndiquer les travailleuses et travailleurs de l’industrie des messageries. De leur côté, les travailleuses et travailleurs de haute technologie du nouveau secteur des communications électroniques demeurent non syndiqués.
Les syndicats des postes ont continué d’exercer un pouvoir de négociation considérable. Leur capacité de paralyser un service national important sur le plan économique, ou même de menacer de le faire, leur a permis de négocier des salaires et des avantages sociaux décents qui, jusque-là, leur avaient échappé. Lorsque les conflits n’étaient pas réglés au moyen de négociations, les décisions arbitrales avaient tendance à leur accorder des conditions de rémunération au moins comparables à celles du secteur privé.
À l’époque où nous vivons, la déréglementation de la poste risque de renverser l’ordre établi. La concurrence dans le marché de la poste-lettres constitue une menace directe au pouvoir de négociation des syndicats des postes. Devant la perspective d’une réduction importante du taux de syndicalisation dans leur secteur, les syndicats des postes doivent procéder à des changements institutionnels et culturels énormes pour se transformer en « syndicats de syndicalisation » capables d’affronter les employeurs du secteur privé qui déjà oeuvrent dans les segments ouverts à la concurrence. Pour maintenir leur degré de syndicalisation et leur pouvoir de négociation et être en mesure de représenter efficacement les intérêts de leurs membres, les syndicats doivent élaborer de nouvelles stratégies et mettre en place de nouvelles structures organisationnelles.
La déréglementation de la poste, jumelée à la privatisation de plusieurs grandes administrations postales, a permis d’ouvrir le débat sur la pertinence de l’obligation d’assurer un service universel à l’ère des communications électroniques et de la concurrence accrue.
Pour les syndicats, la déréglementation pose des défis d’ordre politique et organisationnel. En Europe, où l’Union européenne (UE) favorise une réorientation vers la déréglementation, les syndicats sont tenus de collaborer entre eux comme jamais auparavant. En Amérique du Nord, où la réorientation vers la déréglementation n’a pas autant progressé, les syndicats ont la possibilité de préparer leurs interventions en vue de l’inévitable débat de politique publique. 
La plupart des syndicats des postes s’opposent à la déréglementation des services postaux parce qu’ils croient qu’elle aura des répercussions nuisibles sur les travailleurs et travailleuses, la population et le service postal. Pour bon nombre de syndicats, la déréglementation laisse planer la menace de pertes d’emplois massives, jumelées à une réduction du pouvoir de négociation et à une baisse correspondante des revenus, des avantages sociaux et des conditions de travail de leurs membres. Les syndicats estiment aussi que la concurrence entraînera inévitablement des compressions dans les services postaux et minera la capacité des administrations postales à satisfaire à leur obligation d’assurer un service universel.
Ces préoccupations sont-elles justifiées? Les répercussions nuisibles de la déréglementation surpassent-elles les avantages commerciaux pour les investisseurs et les grands utilisateurs postaux?
Le présent document décrit les mesures politiques et organisationnelles établies par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) pour contrer la menace éventuelle de déréglementation de la Société canadienne des postes.
Il se penche sur les questions suivantes :
  1. Que disent les experts au sujet du rôle du « privilège exclusif » au Canada et des conséquences probables de la déréglementation?
  2. Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce qui se passe ailleurs en matière de libéralisation de la poste?
  3. Quelle serait l’incidence de la déréglementation de la poste au Canada sur les travailleurs et travailleuses, le service postal, la clientèle et la population?
  4. Comment le syndicat devrait-il réagir à la perspective de la déréglementation?
Étude de l’Union Européenne, janvier 2005, Liberalisation and privatisation of public services and the impact on employment European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions.
Par Lucie & Yannick
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